Colloque international organisé conjointement par la Chaire Unesco « Mémoire, Cultures et Interculturalité » de l’Université Catholique de Lyon et l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire à Conakry (Guinée).
Appel à contributions
Le présent colloque est placé sous le thème général de « La gouvernance de la diversité culturelle : enjeux et défis. » Il est demandé aux contributeurs de proposer des communications autour d’un (ou de plusieurs) des neuf axes suivants :
- Les garanties constitutionnelles de la diversité culturelle ;
- La diversité culturelle et les droits humains fondamentaux ;
- La diversité culturelle dans le système africain de protection des droits humains et des peuples ;
- La gouvernance de la diversité culturelle et enjeux politiques ;
- La diversité culturelle, l’inclusion sociale et le développement durable ;
- Diversité culturelle, libertés religieuses et problématique des droits de l’homme ;
- Diversité culturelle, conflits communautaires et mécanismes endogènes de gestion de conflits ;
- Les défis de la gouvernance de la diversité culturelle : peut-on modéliser un système ?
Argument général
La reconnaissance au plus haut niveau international du principe de la diversité culturelle, ainsi que de l’égale dignité des cultures qui lui est consécutive, est une évolution récente et majeure du droit international. En effet, le respect de la diversité culturelle est désormais considéré comme un facteur de promotion de la paix et des droits fondamentaux de l’homme, un moyen de rapprochement des peuples, essentiel pour le développement social, économique et culturel dans le monde, etc.
Ainsi en est-il de la Déclaration universelle sur la diversité culturelle (UNESCO, 2001) qui fait du respect de la diversité des cultures un instrument pour « la tolérance, le dialogue et la coopération, dans un climat de confiance et de compréhension mutuelles » et comme l’« un des meilleurs gages de la paix et de la sécurité internationales.» De même, la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (UNESCO, 2005) considère que « la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles impliquent la reconnaissance de l’égale dignité et du respect de toutes les cultures, y compris celles des personnes appartenant aux minorités et celles des peuples autochtones. »
Ainsi en est-il des garanties pour les citoyens du respect de leurs droits culturels fondamentaux, lesquels sont aussi une expression des droits de l’homme dans leur vocation universelle. Mais il n’est pas rare que certaines pratiques culturelles portent atteinte aux droits fondamentaux des personnes que l’Etat se doit de protéger, en procédant au besoin à des arbitrages susceptibles de conduire à des restrictions, voire à l’interdiction de certaines de ces pratiques culturelles.
En effet, tous les droits de l’homme n’ont pas le même statut juridique, justement en raison du caractère intransgressible (droits inconditionnels et indérogeables donc) de certains droits alors que d’autres droits peuvent légitimement faire l’objet de restrictions raisonnables, dès lors que ces mesures restrictives s’opèrent dans le respect des normes nationales et/ou internationales en vigueur.
De tout ce qui précède, peut-on objectivement et raisonnablement considérer que toutes les expressions culturelles participent au développement social, économique, culturel ou scientifique des sociétés et que, à l’occasion, elles contribuent à la recherche de la paix et au rapprochement des peuples ? Sinon, quels sont les paramètres déterminants à prendre en considération ainsi que les stratégies idoines dans la mise en œuvre du principe du respect de la diversité culturelle ?
Aussi, est-on tenté de dire qu’une exigence de rationalisation s’impose pour une mise en œuvre efficiente du principe du respect de la diversité culturelle. Il s’agira, en particulier, de savoir comment concilier à chaque fois, et avec intelligence, « […] la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et leurs droits égaux […] » avec toutes les expressions culturelles. Ce qui, visiblement, est loin d’être un exercice aisé dans les politiques publiques de gouvernance de la diversité culturelle.
De ce qui précède, la problématique de la gouvernance de la diversité culturelle permet d’engager la réflexion possiblement à trois niveaux essentiels :
- Tout d’abord, l’on observe que la montée des revendications identitaires est aujourd’hui un phénomène quasi universel ;
- Il convient de relever ensuite que cela s’accompagne du développement d’un corpus juridique de plus en plus important relatif au respect de la diversité culturelle, tant au niveau national qu’international ;
- Enfin, il importe de souligner le rôle central de l’Etat dans la prise en compte et la mise en œuvre de la diversité culturelle comme une exigence à la fois éthique, politique et juridique. Car, le respect de la diversité fait désormais partie intégrante des droits culturels fondamentaux dont la portée est universelle.
Direction scientifique du colloque
Coordination du colloque
Informations pratiques
- Du mercredi 21 mai au samedi 24 mai 2025
- Palais du peuple | Conakry - Guinée
- Possibilité de suivre l'évènement en distanciel